Nos vins rouges

Moulin à vent

En haut d’une colline, un moulin est emblématique de la plus ancienne appellation du Beaujolais. Moulin-à-vent – qui n’est pas une commune – regroupe les meilleurs coteaux de Romanèche-Thorins et de Chénas. Ses vignes sont bordées au sud-ouest par le cru .

 

Oeil: Le moulin-à-vent doit au gamay et au granite sa couleur rouge violacé qui, au fur et à mesure du temps, évolue du grenat sombre au rubis profond.

Nez: Dans sa prime jeunesse, le moulin-à-vent exhale des senteurs fruitées, comme la cerise bien mûre, et florales, comme la violette. Puis apparaissent des parfums de rose fanée, d’iris. Plus tard, son bouquet devient plus épicé et complexe, avec des notes de truffe, de musc, de venaison et même d’ambre gris. Ces différentes nuances restent assez légères et discrètes?; elles ne nuisent ni à la finesse ni à l’élégance du vin.

Bouche: C’est surtout au palais que le moulin-à-vent affirme sa grande distinction. La juste proportion de chacun de ses constituants, la finesse de ses tanins et la persistance de ses arômes procurent un plaisir sans égal. Charnu, velouté, souvent minéral, ce vin peut hériter quelques touches boisées de son élevage. Sa race et son cachet se développent avec le temps.

Mets vins: Viande rouge, gibier, fromages (munster, époisses, camembert).

Chenas

Chénas, « lieu planté de chênes », la plus petite appellation du Beaujolais, s’étend sur les communes de Chénas et de La Chapelle-de-Guinchay de part et d’autre de la Mauvaise, épousant ses versants?; elle domine d’est en ouest l’aire de moulin-à-vent, face à la vallée de la Saône. Sur des coteaux granitiques, les sols très sableux, maigres, ne permettent qu’une production limitée mais d’une grande qualité. Moins connus que les moulin-à-vent, la plupart des chénas possèdent le corps et les qualités de leurs prestigieux voisins. Bénéficiant eux aussi d’une macération assez longue pour la région (de dix à douze jours) et parfois d’un élevage dans le chêne, ce sont des vins charnus et chaleureux, qui peuvent vieillir.

Oeil: La cuvaison, souvent supérieure à dix jours, permet d’obtenir du gamay noir une couleur soutenue, rouge violacé, caractéristique des grands crus du Beaujolais. Au cours du vieillissement, la robe prend une nuance grenat profond.

Nez: Le chénas présente des arômes fruités et floraux qu’accompagnent les parfums vanillés et épicés hérités des pièces de chêne. La rose et surtout la pivoine le caractérisent souvent au cours des premières années.

Bouche: L’attaque en bouche est nette, l’acidité peu marquée, et les tanins soutiennent sans le masquer le caractère charnu et fruité du chénas. Au cours du vieillissement, la note bourguignonne s’affirme réellement et permet d’apprécier un chénas racé jusqu’à huit ou dix ans.

Mets vins: Saucisson chaud, volaille, petit salé, blanquette de veau

Fleurie

L’un des dix crus du Beaujolais, réputé depuis le XVIII e siècle. Il est bordé au nord par le moulin-à-vent, au midi par le morgon et au couchant par le chiroubles. Inclus dans les limites de la commune de Fleurie, le vignoble est abrité des vents d’ouest par les monts du Beaujolais et bénéficie d’une exposition sud-est. Il s’étage jusqu’au pied de la chapelle de la Madone, à 425 m d’altitude. Le gamay s’enracine dans un sol sableux issu de la désagrégation du granite rose. Ces terrains légers des coteaux engendrent des vins remarquables par leur finesse : le fleurie est souvent présenté comme le plus féminin des crus du Beaujolais, même si les parcelles installées sur du granite ou sur les sols plus profonds et argileux du bas de pente donnent des vins corsés. L’appellation compte 13 climats (lieux-dits), comme La Madone.
Oeil: Du bau rouge violacé de ses débuts caractéristique des sols granitiques, le fleurie se pare de carmin et de rubis à maturité. L’intensité de sa robe est liée au climat qui l’a engendré : plus vive sur les coteaux légers, plus sombre dans les terrains plus profonds.

Nez: Ses arômes sont délicats : d’abord des notes florales, telles que la violette, la pivoine ou l’iris, puis des petits fruits rouges, comme la framboise. Certaines cuvées révèlent des parfums de mûre sauvage ou de cassis.

Bouche: L’attaque est franche, sans agressivité, car l’acidité est discrète et les tanins d’une grande finesse. Les parfums tapissent le palais. La chair, la rondeur et le velouté permettent une bonne persistance des sensations fruitées tout en conservant légèreté et élégance. Des vins d’une étonnante concentration naissent des parcelles de granite particulièrement dur, telles que Les Moriers ou La Roilette.

Mets vins: Viande blanche, volaille, gigot, andouillette à la beaujolaise.

 

Julienas

L’aire du juliénas couvre la face sud et sud-ouest du mont de Bessay qui, du haut de ses 478 m, constitue au nord l’ultime colline du Beaujolais, aux confins du Mâconnais. Avec Pruzilly et Émeringes, les communes de Jullié et Juliénas délimitent le terroir de ce cru. Leur nom évoque Jules César et ses légions qui occupèrent la région et, peut-être, y cultivaient déjà la vigne. Les sols granitiques et les terres riches d’alluvions sont à l’origine de vins de caractère et de bonne garde. 

 

Oeil: Le juliénas porte une robe violacée dans les premiers mois. Si cette teinte s’estompe avec le temps, le vin garde une couleur particulièrement sombre.

Nez: La palette complexe mêle des parfums floraux (pivoine ou violette) à des arômes de fruits (framboise, fraise, cassis et groseille). Dans certains millésimes, le juliénas évoque la pêche de vigne. Signe de distinction, des notes minérales et épicées complètent le nez.

Bouche: Le juliénas possède une nervosité caractéristique qui équilibre sa richesse en tanins. Sa structure lui confère un côté rustique qui affirme sa personnalité. Le vin conserve plusieurs années ses qualités et gagne beaucoup en vieillissant.

Mets vins: Viande rouge, gibier, coq au vin, volaille en sauce, fromages (neufchâtel).

 
 

Saint amour

À l’extrémité septentrionale du Beaujolais et à 15 km de Mâcon, Saint-Amour-Bellevue enfante un cru au nom enchanteur. Ses vignes situées pour la plupart à 250 m d’altitude sont plantées sur des terrains granitiques et argilo-siliceux, des cailloutis, des couches schisteuses. Elles produisent un vin pourpre, élégant et charmeur. 
 

Oeil: Le saint-amour est généralement paré d’une robe rubis soutenu, à reflets violines.

Nez: Des parfums de pêche et d’abricot émanent du vin. Ces arômes peuvent être très marqués, notamment dans sa première année d’existence?; ils s’allient à de petits fruits rouges comme le cassis, la framboise. Puis, à partir de deux ou trois ans de garde, ils deviennent plus épicés.

Bouche: Une cuvaison courte de huit à dix jours produit des vins tendres, fruités et floraux qui font la joie de l’amateur impatient de découvrir le vin à peine dix-huit mois après la récolte. Lorsque la macération est plus longue, les vins semblent plus solides, un peu rudes dans leur jeune âge. Ils révèlent toutes leurs qualités après trois ou quatre ans et se conservent encore quelques années.

Mets vins: Gibier à plume, viande rouge.